Et si certaines idées simples pouvaient changer la manière dont nous nous comprenons ?
- Jean-Dominique POUPEL

- il y a 20 heures
- 10 min de lecture
Les présupposés fondamentaux de la PNL

Commençons par une expérience simple :
Prenez une grande inspiration… Et soufflez lentement…
Maintenant, souvenez-vous de la dernière fois où quelque chose, un message, un regard, ou encore un silence, vous a agacé, blessé, ou simplement interpellé.
Revivez cette situation brièvement, sans chercher à l’analyser.
Pas de pourquoi. Pas de comment. Pas de « c’est la faute à…. »
Juste, observez :
Ce que vous avez ressenti
Ce que vous vous êtes dit
La conclusion que vous en avez tirée
Et posez-vous cette question :
Et si cette réaction n’était pas “la réalité”… mais une manière de la lire ?
Les lunettes invisibles

Imaginez que vous portiez des lunettes depuis toujours. Des lunettes un peu spéciales. Elles colorent légèrement tout ce que vous voyez : les gens, les situations, les souvenirs, les émotions.
Le problème, c’est que vous avez oublié que vous les portez. Alors ce que vous voyez vous semble être la réalité elle-même.
La Programmation Neurolinguistique, (PNL), propose une idée simple :
Et si certaines de ces lunettes pouvaient être ajustées ?
Pour comprendre et explorer cela, les fondateurs de la PNL ont proposé ce qu’ils appellent des présupposés. Les présupposés ne sont pas des vérités absolues, mais des idées que l’on choisit d’essayer, un peu comme des hypothèses.
Certaines de ces idées ont un effet surprenant :
Elles peuvent changer immédiatement la manière dont on se comprend…
Et dont on comprend les autres…
Ce que présupposer implique… et ce que cela n’implique pas
Avant d’aller plus loin, il est important de comprendre ce que signifie réellement le mot présupposé. Dans la PNL, un présupposé n’est pas une vérité scientifique démontrée.C’est une hypothèse de travail. Autrement dit, une idée que l’on choisit d’utiliser parce qu’elle peut orienter notre attention et notre manière d’agir.
Le chercheur et formateur en PNL Robert Dilts explique lui-même que les présupposés sont des « fondations utiles », mais qu’ils ne sont pas nécessairement prouvables de manière expérimentale.
Il est donc important d’éviter une confusion fréquente : ce n’est pas parce qu’une idée est un présupposé de la PNL qu’elle est forcément universellement vraie.
La bonne question devient plutôt : dans quelle situation ce présupposé est-il utile, neutre, ou parfois problématique ?
Par exemple, le présupposé souvent cité : « Il n’y a pas d’échec, seulement du feedback » peut être très utile pour apprendre et progresser. Il encourage à observer un résultat comme une information plutôt que comme une condamnation. Mais pris littéralement, il pourrait aussi nier la réalité de certaines situations difficiles.
On pourrait le reformuler ainsi : « Lorsqu’une situation est sûre et constructive, il peut être utile de considérer le résultat comme une information permettant d’ajuster sa stratégie ».
La même prudence s’applique à d’autres présupposés. Dire par exemple que « une personne fait toujours le meilleur choix possible » peut être une posture relationnelle intéressante. Elle évite de juger et ouvre le dialogue. Cependant, cela ne signifie pas que tous les comportements sont objectivement les meilleurs ou les plus sains.
Cela signifie simplement qu’à un moment donné, avec ses ressources, son histoire et sa perception, la personne a fait le choix qui lui semblait le plus adapté, même si ses conséquences peuvent être problématiques.
De même, certaines idées issues de la pratique thérapeutique doivent être utilisées avec discernement. Par exemple, considérer qu’une difficulté dans la relation provient d’un manque d’ajustement entre deux personnes peut aider un praticien à améliorer la communication. Mais cette idée devient problématique si elle sert à ignorer un refus, à imposer une intervention, ou à minimiser l’expérience d’une personne.
Il est également important de rappeler que, malgré la popularité de la PNL dans le coaching et le développement personnel, les études scientifiques sur son efficacité thérapeutique restent limitées et parfois contradictoires. Autrement dit, certaines idées de la PNL peuvent être pratiques et inspirantes, mais elles ne remplacent pas une validation scientifique rigoureuse, surtout dans les domaines liés à la santé.
C’est pourquoi le plus simple est d’utiliser les présupposés comme des outils pour réfléchir et explorer, mais pas comme des lois absolues.
La carte n’est pas le territoire

C’est probablement le présupposé le plus célèbre de la PNL. La phrase vient d’un philosophe du XXᵉ siècle, Alfred Korzybski. Elle signifie quelque chose de très simple.
Une représentation n’est jamais la réalité elle-même.
Prenons un exemple. Si vous regardez une carte de Paris, vous verrez des rues, des monuments, des stations de métro. Mais la carte ne contient pas :
· l’odeur des boulangeries
· le bruit des voitures
· la chaleur du soleil sur les façades
· les gens qui marchent dans les rues
La carte est une représentation simplifiée. Et c’est exactement ainsi que fonctionne notre cerveau. Nous ne percevons jamais le monde tel qu’il est réellement. Nous percevons une version simplifiée du monde, construite par notre cerveau.
Pour rappel (cf. l’article « La réalité que nous vivons n’est peut-être pas celle que nous croyons »), cette carte se forme à partir de notre éducation, de nos expériences, de notre culture, de nos émotions… et de trois filtres essentiels : omission, généralisation et distorsion.
C’est pour cela que deux personnes peuvent vivre la même situation… et la comprendre de manière totalement différente.
Un exemple très simple : Un professeur rend un devoir avec la note 12/20.
Un premier élève peut penser : « Ce n’est pas terrible… je suis nul. »
Un autre peut penser : « J’ai eu la moyenne ! Je peux faire mieux la prochaine fois. »
Une même situation.
Deux cartes intérieures différentes.
Et donc deux expériences !
Et cette idée ouvre une question intéressante :
Si nous vivons dans une carte…peut-être pouvons-nous parfois modifier cette carte.
Testez-vous :
Revenez à la situation évoquée au début de cet article, à savoir vous souvenir de la dernière fois où quelque chose, un message, un regard, ou encore un silence, vous a agacé, blessé, ou simplement interpellé.
Vous en avez fait une lecture interne :
« Il m’ignore »
« Ce n’est pas juste »
« Je ne suis pas à la hauteur »
« C’est de ma faute »
Maintenant, sans nier cette lecture… ajoutez simplement :
« C’est une manière de voir. »
Puis cherchez deux autres interprétations possibles.
Pas forcément vraies.
Juste possibles.
Observez !
Qu’est-ce que cela change dans votre ressenti ?
Il n’y a pas d’échec, seulement du feedback

Dans beaucoup de situations, nous parlons d’échec.
Un examen raté = Echec
Un projet qui ne marche pas = Echec
Une relation qui se termine = Echec
Très vite, le cerveau transforme ces événements en conclusion.
« J’ai échoué. », « Je suis nul(le) », « Je ne réussis jamais rien », « Je suis un(e) raté(e) »…
La PNL propose une autre manière de regarder les choses.
Elle dit simplement : Il n’y a pas d’échec. Il n’y a que des résultats. Et chaque résultat donne une information.
Les scientifiques utilisent cette logique depuis toujours.
Quand une expérience ne fonctionne pas, ils ne disent pas « Je suis nul en science », mais disent « Intéressant… cette méthode ne fonctionne pas. Essayons autrement. »
Thomas Edison, par exemple, l’inventeur de l’ampoule électrique, a testé des milliers de matériaux avant de trouver celui qui fonctionnait. Un journaliste lui a demandé un jour : « Cela ne vous a pas découragé d’avoir échoué autant de fois ? » Ce à quoi il a répondu : « Je n’ai pas échoué. J’ai simplement découvert des milliers de façons qui ne fonctionnaient pas. »
Cette manière de penser change profondément la relation à l’apprentissage.
Parce que quand on cesse de juger la personne...
On observe simplement la stratégie.
Et une stratégie peut toujours évoluer.
Testez-vous :
Pensez à quelque chose que vous considérez comme un échec. Maintenant, changez une seule chose.
Remplacez mentalement : « J’ai échoué » par : « J’ai obtenu un résultat »
Puis demandez-vous : « Qu’est-ce que ce résultat m’apprend ? »
Pas sur vous.
Sur votre manière de faire.
Observez la différence.
Qu’est-ce que cela change dans votre ressenti ?
Tout comportement a une intention positive

Ce présupposé peut sembler étrange au premier abord. Il ne signifie pas que tous les comportements sont bons. Certaines actions peuvent être destructrices, pour soi ou pour les autres. Mais derrière chaque comportement, il existe presque toujours une intention positive.
Le cerveau cherche tout le temps à répondre à un besoin.
Prenons l’exemple d’un enfant qui ment. Ce comportement n’est pas souhaitable, mais l’intention peut être :
D’éviter une punition
De protéger quelqu’un
De garder l’amour de ses parents
De la même manière, beaucoup d’adultes adoptent des comportements qui ne les rendent pas heureux.
Se mettre en colère.
Procrastiner.
Fuir certaines situations.
Manger tout le temps…
Mais souvent, ces comportements cherchent à répondre à un besoin :
Se protéger
Eviter la douleur
Conserver un sentiment de sécurité
Se donner du réconfort
Comprendre l’intention positive ne signifie pas accepter tous les comportements.
Cela signifie simplement comprendre ce que le cerveau essaie de protéger.
Et comprendre cela, revient souvent à trouver une autre manière de répondre au même besoin.
Testez-vous :
Pensez à un comportement qui vous dérange, le vôtre ou celui de quelqu’un d’autre.
Maintenant, posez cette question :
« Qu’est-ce que ce comportement essaie de protéger ? »
Peut-être :
Eviter une douleur
Se sentir en sécurité
Garder du contrôle
Se sentir aimé(e)
Sans tentez de justifier quoi que ce soit…
Cherchez juste à comprendre…
Observez !
En quoi et comment cela change-t-il votre regard ?
Le sens de la communication est la réponse obtenue

Nous pensons souvent que communiquer signifie dire clairement ce que l’on pense. Nous pensons quelque chose, puis nous le disons. Et l’autre personne le comprend. En réalité, le chemin est beaucoup plus sinueux.
La PNL propose une idée très simple :
Le sens de la communication n’est pas ce que l’on voulait dire.
C’est ce que l’autre comprend.
L’écrivain Bernard Werber l’a résumé avec humour :
« Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envie d’entendre, ce que vous entendez, ce que vous comprenez… il y a au moins dix possibilités que nous ayons des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même. »
Cette phrase révèle une chose essentielle : la communication n’est pas un message qui passe d’un cerveau à un autre. C’est la rencontre de deux cartes du monde. Quand nous parlons, nous utilisons des mots qui résument notre expérience. Mais l’autre personne traduit ces mots à partir de sa propre histoire, ses émotions, ses croyances et ses souvenirs.
C’est la rencontre de deux cartes du monde !
Imaginons un parent qui dit à son enfant : « Je te dis ça pour ton bien. » L’intention est peut-être bienveillante. Mais si l’enfant entend : « Tu n’es jamais assez bien », alors le message reçu n’est plus le même.
C’est pour cela que la communication demande parfois d’ajuster notre manière de parler. Pas pour manipuler. Mais pour s’assurer que le message passe réellement.
Egalement, dire à quelqu’un : « Tu devrais faire attention », peut être entendu comme un conseil, une critique, une inquiétude, ou encore une attaque
Le message n’est jamais seulement dans les mots.
Il est aussi dans la carte intérieure de celui qui les écoute.
Testez-vous :
Repensez à une conversation récente qui ne s’est pas déroulée comme vous l’espériez. Vous aviez une intention. Mais l’autre a réagi autrement que prévu.
Maintenant, inversez la perspective :
Ce que vous avez voulu dire ≠ Ce que l’autre a compris
Et demandez-vous : « Qu’est-ce qui, dans ma manière de communiquer, a produit cette réponse ? »
Sans culpabilité.
Avec curiosité.
Observez !
Qu’est-ce que vous comprenez ?
Qu’est-ce vous pouvez désormais ajuster ?
Les personnes possèdent déjà les ressources dont elles ont besoin

Ce présupposé est au cœur de nombreuses approches thérapeutiques. Il ne signifie pas que tout est facile. Il signifie que l’être humain possède déjà en lui des capacités d’adaptation, d’apprentissage et de transformation. De plus, tout le monde a naturellement tendance à se focaliser sur ce qu’il ne sait pas, plutôt que sur ce qu’il sait déjà. Ce qui peut provoquer un sentiment d’incapacité, de nullité, ou encore d’imposture.
Par exemple, nous avons tous déjà appris à marcher, à parler, à résoudre des problèmes, à surmonter des difficultés… ce qui prouve que notre cerveau sait évoluer.
La thérapie ou le coaching ne consistent pas à « ajouter quelque chose ».
Souvent ils consistent à réactiver des ressources déjà présentes.
Parfois oubliées.
Parfois cachées.
Parfois simplement inutilisées.
Testez-vous :
Pensez à une difficulté actuelle.
Puis à un moment de votre vie où vous avez déjà surmonté quelque chose. Même différent. Mais réel.
Et demandez-vous : « Qu’est-ce que j’avais déjà en moi à ce moment-là ? »
Souvent, c’est encore là.
Et puis faite une liste rapide de ce que vous savez déjà faire.
Observez !
Qu’est-ce que cela change dans l’estime que vous vous portez ?
Dans la conscience de vos capacités ?
Si une personne peut le faire, d’autres peuvent apprendre à le faire

Les fondateurs de de la PNL se sont posé une question très simple : « Pourquoi certaines personnes obtiennent-elles des résultats exceptionnels ? »
Plutôt que de considérer ces personnes comme des cas uniques, ils ont cherché à comprendre quels étaient leurs schémas de pensée ? Leurs stratégies mentales ? Leurs manières d’agir ?
Ils ont appelé cela la modélisation.
L’idée est simple. Si quelqu’un réussit quelque chose, il existe probablement une structure derrière cette réussite. Et une structure peut souvent être apprise.
C’est ainsi que l’on apprend un sport, ou une langue, ou encore un instrument de musique
L’excellence n’est pas toujours un mystère.
Parfois, c’est une méthode invisible.
Testez-vous :
Pensez à quelqu’un qui réussit là où vous bloquez.
Au lieu de vous dire : « Il est différent », « il est plus doué que moi »…
Demandez-vous :
« Comment fait-il ? »
« Qu’est-ce qu’il pense ? »
« Comment s’y prend-il ? »
« Qu’est-ce qu’il fait différemment ? »
Là, vous passez de la comparaison à l’apprentissage.
Observez !
Qu’est-ce que cela vous apprend ?
Cela change-t-il votre regard et vos sensations sur la situation et sur vous-même ?
Invitez-vous à observer autrement

Les présupposés de la PNL ne sont pas des vérités absolues. On peut les accepter. Ou les refuser. Mais on peut aussi faire une expérience simple.
Pendant quelques jours, essayer de regarder certaines situations à travers ces idées :
Lorsque quelque chose vous agace, vous blesse, ou simplement vous interpelle :
« Qu’est-ce qui me fait avoir ce ressenti ? »
Lorsque quelque chose ne fonctionne pas :
« Qu’est-ce que cela m’apprend ? »
Lorsque vous ou quelqu’un agit d’une manière difficile à comprendre :
« Quel besoin essaie-t-il peut-être de protéger ? »
Lorsque vous aurez une conversation difficile :
« Qu’est-ce l’autre à compris de ce que j’ai voulu dire ? »
Et lorsque vous rencontrerez une situation qui vous parait insurmontable :
« Qu’est-ce que je possède déjà comme ressources ? »
Parfois, un léger changement de perspective suffit à ouvrir un nouvel espace.
Pas parce que le monde change... Mais parce que la carte devient un peu plus large.
Et lorsqu’une carte s’agrandit… de nouveaux chemins apparaissent.






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