Le lieu ressource, un outil puissant au service du quotidien
- Jean-Dominique POUPEL

- 3 nov. 2025
- 4 min de lecture

« Ce qui vous manque, cherchez-le dans ce que vous avez. » — Koan Zen
Il existe en chacun de nous des territoires invisibles, des espaces intérieurs où le monde se dépose, se transforme et renaît.
Ce sont des lieux de passage et de présence, des paysages de conscience qui changent au rythme de notre vie intérieure.
L’hypnose humaniste offre à ces espaces une voix et une forme.
Explorer ses lieux intérieurs, c’est retrouver la faculté de se rencontrer soi-même.
C’est redécouvrir que les symboles, les images, les rêves et les émotions ne sont pas des accidents de l’esprit, mais des langages de l’âme.
Ce voyage n’est pas une fuite vers l’imaginaire : c’est un retour vers le réel, vers ce centre calme où se rassemblent nos forces et nos mémoires.
Là où l’on cesse de se chercher pour enfin s’habiter.
Et quelque part en chacun de nous, il y a un lieu qui ne connaît ni la peur ni le doute.
Un endroit où le bruit du monde se tait, où la pensée devient souffle, et où le corps se souvient de sa paix.
Ce lieu n’est pas imaginaire : il est symbolique, donc réel — car tout ce que l’esprit peut imaginer, il peut aussi habiter.
Un espace de sécurité et de paix
Le lieu ressource est un espace intérieur où règnent la sérénité et la force tranquille.
Il ne s’agit pas d’un décor imposé, mais d’une création intime, propre à chacun.
Certains y voient une clairière au lever du jour, d’autres une plage au vent calme, une bibliothèque, un jardin, ou simplement une lumière.
Ce lieu ne dépend pas du passé ni du futur : il se manifeste au présent, dès qu’on s’y relie.
C’est un refuge symbolique, mais aussi un socle de transformation, car toute guérison commence par un sentiment de sécurité.
La logique invisible de la confiance
Créer ce lieu en soi, c’est déjà un acte de confiance.
Le simple fait de le bâtir, d’y entrer, d’y respirer, réveille deux affirmations profondes :
“Je suis capable.” — parce que j’ai créé quelque chose.
“Je suis valable.” — parce que ce que j’ai créé a de la valeur.
Ces deux fondations invisibles — confiance et estime — font partie du travail symbolique du lieu ressource.
Elles redonnent à l’esprit la certitude qu’il peut s’appuyer sur lui-même.
« Celui qui se connaît est éclairé. Celui qui se maîtrise est fort. » — Lao Tseu
L’histoire de Renée et l’ours Olaf
Renée avait soixante-deux ans.
Elle se décrivait comme fragile, toujours inquiète, souvent perdue.

Lorsqu’elle est arrivée pour la première fois dans son lieu ressource intérieur, elle a trouvé une banquise — plane, glacée, infinie.
Un igloo, minuscule, se dessinait à l’horizon.
C’est là qu’elle s’est installée.
Puis, un ours polaire est apparu.
Il n’était pas menaçant, mais protecteur.
Elle l’a nommé Olaf.
Un symbole de force tranquille, de fidélité et de chaleur au milieu du froid.
Dans les semaines qui ont suivi, Renée a continué à aller dans son lieu ressource et à rencontrer Olaf.
Il lui permettait aussi de se sentir plus sûre d’elle, plus en sécurité, plus confiante en elle, aussi.
Peu à peu, la banquise a fondu, laissant place à une prairie verte et fleurie.
Et à chaque fois qu’elle fermait les yeux, Olaf était là — comme si le courage avait trouvé un visage.
Ainsi fonctionne le lieu ressource : il grandit avec celui qui le visite.
Un apprentissage naturel de l’autohypnose
Revenir souvent dans son lieu intérieur, c’est en quelque sorte pratiquer l’autohypnose sans le savoir.
Chaque retour renforce les chemins neuronaux de la détente, de la cohérence, de la présence.
À force d’y aller, le passage devient naturel : un réflexe du calme.
C’est un effet secondaire vertueux — une forme d’éducation inconsciente à l’apaisement.
Et cette constance, à son tour, installe la confiance.
Un ancrage pour la thérapie et la vie
Dans une séance d’hypnose humaniste, ce lieu devient un point de départ et un point d’arrivée.
On y entre pour s’y ressourcer, on en sort pour agir dans le monde.
Il rappelle que la sécurité ne vient pas de l’extérieur, mais du lien intérieur.
Quelle que soit l’histoire d’une personne, aussi complexe soit-elle, il existe toujours en elle un espace préservé — un centre intact.
Le rôle du thérapeute n’est pas d’y conduire de force, mais d’en rouvrir la porte.
C’est un lieu-refuge, une école de soi.

Conclusion
Créer son lieu ressource, c’est s’offrir un refuge symbolique où revenir à tout moment.
C’est l’acte le plus simple et le plus puissant : celui de se donner un espace d’amour au cœur de soi-même.
Fermez les yeux.
Respirez.
Et laissez venir la première image de paix qui se présente.
C’est ici que tout commence...






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