top of page
Creamy Waves_edited.jpg

Un couple commence là où l’on cesse de disparaître

  • Photo du rédacteur: Jean-Dominique POUPEL
    Jean-Dominique POUPEL
  • il y a 1 jour
  • 10 min de lecture

Rester présent quand ça compte



« Le couple, c'est essayer de régler à deux, des problèmes qu'on aurait jamais eu tout seul », disait l’humoriste Gustave Parking (dans une citation probablement empruntée à Sacha Guitry).

Et outre sa portée humoristique, cette citation met en exergue l’ironie silencieuse dans la manière dont beaucoup de couples vivent.

 

Une fois passée la période romantique, dans laquelle tout est parfait, presque magique, la vie reprend son court et chacun redevient qui il est. (→ Le couple : une histoire de soi… qui se joue à deux)

 

Et quand les problèmes et l’inconfort arrivent… Chacun se tait pour éviter le conflit. Chacun ravale ce qu’il devrait dire. Accepte ce avec quoi il n’est pas d'accord. Remet à plus tard les conversations nécessaires.

 

Sur le moment, cela peut ressembler à de la paix.

 

Mais le prix apparaît plus tard, et il est toujours plus élevé qu'anticipé.

 

Car le conflit ne disparaît pas lorsqu'il est évité. Il change simplement de place. Il quitte la conversation et vient habiter l'espace entre vous. Ce qui n'a pas été dit devient un poids. Ce qui a été toléré devient du ressentiment. Et le silence, ce silence qu'on croyait protecteur ou derrière lequel on se protégeait, devient une tension permanente.

 

Éviter le conflit n'est pas de la maturité.

 

La plupart du temps, c'est de la peur déguisée en sagesse.

 

La vraie question n'est pas comment éviter les conflits.

 

C'est comment apprendre à se lire vraiment, avant que le silence ne se transforme en distance et qu’il fasse le travail à votre place.

 


Deux cartes du monde dans une même relation

 

Chacun d'entre nous perçoit le monde à travers ses propres filtres. Ses expériences passées. Ses blessures. Ses valeurs. Ses besoins non formulés. Ce que la PNL appelle notre carte du monde — cette représentation intérieure et subjective du réel qui guide chacune de nos réactions, souvent à notre insu. (→La réalité que nous vivons n’est peut-être pas celle que nous croyons)

 

Quand deux personnes se mettent en couple, ce ne sont pas deux individus qui fusionnent.

 

Ce sont deux cartes du monde qui cohabitent. Deux systèmes de perception différents. Deux logiques intérieures qui se rencontrent — et parfois se heurtent — sans toujours comprendre pourquoi.

 

Souvenons-nous qu’à cela s'ajoute une autre couche, plus profonde encore. Sous nos réactions automatiques, sous nos schémas relationnels, sous ce qu'on appelle notre caractère ou notre personnalité, il y a quelque chose qui agit sans notre permission. L'inconscient. La mémoire émotionnelle. Les archétypes, dont l'enfant intérieur. (→ Tu crois décider… mais est-ce vraiment toi qui décides ?) - (→ Et si Einstein expliquait pourquoi vous n’avancez pas ?) - (→Auto-compassion et Hypnose Humaniste : le langage des symboles et des archétypes)

 

Ce n'est pas l'adulte raisonnable qui réagit quand on se sent ignoré, rejeté, ou incompris. C'est une part plus ancienne de nous, celle qui a appris, très tôt.

Par exemple, que l'amour est conditionnel, que le silence signifie le danger, que demander c'est risquer d'être refusé.

 

Comprendre cela ne justifie rien. Ça éclaire simplement.

 


Le Soi dépendant et le Soi conscient

 

Prenons une situation précise. Banale. Universelle.

 

L'autre est occupé. Plusieurs heures passent sans message. Sans signe.

 

Ce moment, apparemment anodin, révèle l'état de notre monde intérieur avec une précision chirurgicale.

 

Dans le cas d’un Soi dépendant

 

Il y a un nœud dans le ventre. Une tension diffuse dans le corps. Des pensées qui tournent en boucle sans trouver de repos.


"J'ai dit quelque chose de travers."

"Il / elle — est en train de perdre de l'intérêt."

"Je dois faire quelque chose."

 

Ce n'est pas l'autre qui est le problème. C'est la blessure qui s'est réveillée. La blessure d'abandon, de rejet, d'insuffisance, qui prend le volant sans demander la permission.

 

Alors on surveille le téléphone. On relit les derniers messages à la recherche d'un indice. On envoie un message "détaché" qui ne l'est pas. On se coupe de ce qu'on ressent pour ne pas avoir l'air trop présent, trop vulnérable, trop besoin.

 

On cherche à se rassurer à l'extérieur.

Parce qu'à l'intérieur, il n'y a pas encore assez de sécurité pour tenir.

 

Et dans le cas d’un Soi conscient

 

Il y a parfois une légère activation. Une petite tension. C'est normal, c’est humain.


Mais quelque chose de différent se passe ensuite.

 

"Ce que je ressens parle de moi, pas de l'autre."

"Je suis en sécurité même sans réponse immédiate."

"Je n'ai rien à prouver."

 

On continue sa vie. On n'envoie pas de message par anxiété. On respecte son propre rythme. On observe la relation sans la contrôler. On ne court pas après l'amour. On le laisse circuler librement.

 

La différence entre ces deux états n'est pas une question de volonté ou de contrôle émotionnel. C'est une question de réparation intérieure. Par exemple, quand l'enfant intérieur est reconnu, vu, sécurisé, par soi-même, en premier lieu, le silence de l'autre n'est plus une menace existentielle. (→Auto-compassion et Hypnose Humaniste : le langage des symboles et des archétypes) - (→Le lieu ressource, un outil puissant au service du quotidien)

 

 

Les mêmes schémas, à chaque fois

 

Il est fascinant de voir que ce sont quasiment toujours les mêmes schémas qui se reproduisent. A chaque fois, les mêmes modes opératoires apparaissaient.

 

Chacun essaye d’être compris et de comprendre l’autre, mais aucun ne se sent suffisamment en sécurité pour vraiment écouter. Chacun parle à son tour, et dans cette illusion de conversation, aucun n’est prêt à entendre réellement l’autre. Parce que chacun attend tout simplement son tour pour se défendre.

 

C’est rarement une question d’amour, mais souvent une question de maturité émotionnelle. L’immaturité érode l’amour, et personne ne sait tout simplement plus comment le garder sans se faire de mal.

 

Ce que les partenaires appellent la paix est souvent de la peur déguisée. En outre, à force de continuer à éviter les petites tensions, elles deviennent des guerres silencieuses.

 

Au bout d’un temps qui varie selon les individus, les partenaires cessent de se choisir intentionnellement. L’autre devient « pratique », « utile », « confortable ». Souvent, d’un côté comme de l’autre, personne de se sent plus choisi, mais se sent simplement toléré.

 

Et puis à force de vouloir changer pour l’autre, de vouloir se conformer à l’autre par peur de se retrouver seul, d’être blessé, abandonné, chacun perd la vision de ce qui a fait qu’il est tombé amoureux.

 

Enfin, souvent au bout d’un moment, chacun fait semblant que ça marche encore. Il N’y a plus d’évolution, Tout le monde a arrêté de grandir, a cessé de faire confiance. Comme s’il s’agissait d’une trahison.

 

Il ne s’agit en aucun cas de blâmer l’un ou l’autre. Quand cela ne fonctionne plus ou fonctionne mal, la meilleure alliée est l’honnêteté. C’est génial de vouloir l’amour, de vouloir que la relation soit la meilleure possible.

 Mais êtes-vous prêts à faire le travail nécessaire ?

 

Un couple, une relation avec l’autre, est une entité de deux individus qui marchent ensemble, qui s’accompagnent sur le chemin.

 

Cela demande un investissement et une attention permanente, quotidienne.

Et quand cela est nécessaire

Il faut parfois changer, se créer une nouvelle identité de couple.

 

 

De l’impasse à une nouvelle identité

 


La plupart des couples se séparent parce qu’un jour, ils se retrouvent dans une impasse. Et chacun peut se réveiller un matin en décidant que la relation est finie. Mais on peut aussi se réveiller et réaliser qu’on en a assez de la version de la relation dans laquelle on s’est enlisé.

 

Il y a une grande différence.

 

D’un côté se séparer, de l’autre se reconstruire.

 

La première chose, c'est d'arrêter de faire semblant.

 

Ignorer les problèmes ne sauve personne. Les nommer, oui. Alors asseyez-vous, l’un avec l’autre.

 

Et dites à voix haute ce qui fait mal, même ce qui fait vraiment mal.

 

Sans jugement, en acceptant que la douleur de l’autre soit aussi valable que la vôtre.

 

C’est comme ça qu’on apprend à parler pour comprendre, pas pour gagner.

Plus de comptes à régler.

Plus de « je te l'avais dit », « c’est de ta faute »….

 

Juste deux personnes qui demandent :

 

"Aide-moi à comprendre ce qui te fait mal."

 

Chacun assume sa part. Pas à 50/50, mais 100/100.

 

On a tous des habitudes, des réactions, de vieilles blessures qui travaillent en silence depuis longtemps.

 

Il est important de redéfinir ce qu'on attend vraiment l'un de l'autre.

 

Pas des attentes de film. Des attentes simples, humaines. Basiques

 

« Qu'est-ce que tu attends de moi au quotidien ? »

« Qu'est-ce qui te sape le moral ? »

« Qu'est-ce qui te donne l'impression de ne pas être aimé ? »

 

Alors doucement on peut construire de nouvelles routines.

Pas de grands gestes.

Juste des gestes cohérents, répétés.

Un ton plus doux.

Le choix de se retrouver même fatigués.

 

Et surtout, il est indispensable de laisser l'ancienne relation mourir.

 

Parce qu'elle ne correspond plus. Parce qu’enterrer les vieux schémas c’est faire de la place à ce qu’on devient.

 

Et le plus important, c’est se choisir à nouveau.

 

Pas par peur de recommencer à zéro.

 

Mais parce que la personne en face de vous vaut encore la peine d'être à vos côtés.

 

Et vous n’aurez pas rompu. Vous aurez brisé les cycles.

Et honnêtement ?

Cette version de vous-mêmes ressemblera à celle que vous étiez destinés à devenir depuis toujours.

 

 

Des questions pour se voir vraiment et voir vraiment l’autre

 

Avant de poser des questions à l’autre, afin de le découvrir et enrichir la relation, la première étape est de s’en poser certaines à soi-même.

 

D’abord c’est à vous

 

Prenez le temps, un endroit calme où vous êtes seul avec vous-même, une feuille et un stylo bleu.

 

Ou encore, posez-vous devant le miroir et posez ces questions à votre reflet et donnez-lui les réponses.Ou bien lisez juste les questions doucement et soyez simplement attentifs à ce qui se passe en vous.


Les réponses, les doutes, les évitements, les images, les pensées…

 

Répondez honnêtement à ces questions. Personne n’est là pour vous juger.

 

Pour vous voir tel que vous êtes. Pour revenir dans votre vérité profonde.


1.     Qu’est-ce que j’ai peur qu’on découvre si on me regarde vraiment ?

2.     À quel moment ai-je commencé à faire semblant que ça allait ?

3.     Quel souvenir j’évite toujours de raconter ?

4.     Qui ai-je dû devenir pour tenir debout ?

5.     Qu’est-ce qui me manque encore, mais que je fais semblant de ne plus vouloir ?

6.     À quels moments je me sens vraiment à moi-même ?

7.     Qu’est-ce que j’espère que personne ne découvrira jamais ?

8.     Qu’est-ce que je dirais si je n’avais pas peur de perdre l’autre ?

9.     Qui suis-je quand personne ne me regarde ?

10.  Quel compliment est-ce que j’attends depuis toujours, sans jamais le demander ?

11.  Quelle part de moi se sent encore ignorée aujourd’hui ?

12.  De quoi avais-je le plus besoin enfant… et que je n’ai jamais reçu ?

13.  Pourquoi est-ce que je m’excuse alors que je ne devrais pas ?

14.  Quelle est la vérité que j’évite le plus ?

15.  Qui aimerais-je encore pardonner pour pouvoir avancer ?

16.  Quelle version de moi ai-je étouffé pour être accepté(e) ?

17.  Où est-ce que je me sens réellement en sécurité… et pourquoi ?

18.  Qu’est-ce qui m’abîme un peu chaque jour, sans bruit ?

19.  Quelle question aimerais-je qu’on me pose enfin ?

 


Ensuite c’est à l’autre

 

Bien évidemment, ces questions ne sont pas faites pour être posées pendant un conflit.

 

Elles se posent dans la sécurité, dans la disponibilité, dans le choix délibéré de vouloir mieux se comprendre.

 

Pas pour trouver des réponses parfaites.


Mais pour ouvrir un espace là où le silence s'était installé.

Il est important de se rappeler que ce que l’autre dit n’est ni une attaque, ni un reproche.

 

1.     Qu'est-ce qui compte vraiment pour toi dans notre relation ?

2.     Qu'est-ce qui fait que tu te sens bien, vu, respecté ?

3.     Quelles sont tes limites non négociables, celles qui protègent ton énergie, ton identité, ton cœur ?

4.     C'est quoi ta plus grande insécurité dans notre relation ?

5.     Qu’est-ce qui te fait douter, reculer, ou réagir ?

6.     Qu'est-ce qui nourrit ton sentiment d'être aimé en profondeur ?

7.     Quels sont les gestes, les mots, l'énergie qui te font te sentir choisi(e) ?

8.     Comment aimerais-tu que je te soutienne quand tu vis quelque chose de difficile ?

9.     Te sens-tu suffisamment en sécurité avec moi pour tout me dire, même ce qui te fait peur ?

10.  As-tu déjà eu l'impression d'être seul dans notre relation ? Et si oui, à quel moment ?

11.  Te sens-tu réellement soutenu dans tes projets, tes rêves, ce que tu veux pour toi ?

12.  Y a-t-il quelque chose que tu n'as jamais osé me dire et qui reste coincé dans ton cœur ?

13.  Qu'est-ce que tu aimerais qu'on construise ensemble, concrètement, pour notre avenir ?

 

 

Aimer sans posséder. Choisir sans dépendre.

 


Il y a une question qui résume tout ce que cet article tente de poser.

 

"Qu'est-ce qui changerait dans ta façon d'aimer si tu savais, profondément, que tu irais bien quoi qu'il arrive ?"

 

Être sans l'autre ne veut pas dire être détruit. Ça veut dire être solide.

Un amour mature ne naît pas de la peur de perdre.

 

Il naît de la capacité à rester entier, et de choisir l'autre depuis cet endroit-là.

 

Pas par besoin.

Par désir.

Pas par peur.

 

Par choix.

 

Un couple conscient, ce sont deux personnes qui osent se regarder pour vrai.

 

Qui posent des questions difficiles. Qui ne font pas semblant que tout va bien quand ça ne va pas. Qui comprennent que l'incompréhension n'est pas une fatalité, c'est une invitation à aller plus loin.

 

Le jour où notre valeur dépend de la fidélité de l'autre, c’est que nous nous sommes perdus.

 

Ce qu'on cherche à construire ici, c'est l'inverse

Deux personnes entières, qui se choisissent chaque jour, ou pas, mais librement.

Parce que l'amour qui retient par la peur…

…Finit toujours par étrangler ce qu'il voulait préserver.



La présence : ce qui change tout dans un couple

 


Il n’y a pas de solutions miracles, ni de manuels universels pour qu’une relation fonctionne. Simplement du bon sens et l’envie d’avancer à deux en évoluant, et en comprenant qu’un couple ne tient pas sur ce que l’on ressent. Il tient sur la capacité à rester là… quand ça devient inconfortable.

 

On peut avoir lu tous les livres.

On peut avoir identifié ses blessures.

On peut même savoir exactement ce qui se joue.

 

Et pourtant… réagir exactement de la même manière.

 

Pourquoi ?

 

Parce que dans les moments d’activation, ce n’est pas la compréhension qui décide.

 

C’est le système nerveux.

 

C’est lui qui prend le relais, qui déclenche les réactions, et qui ramène les anciens schémas.

 

Et à cet instant précis, la vraie compétence n’est plus de comprendre.

 

C’est de rester présent.

 

Rester là, au lieu de fuir.

Rester là, au lieu d’attaquer.

Rester là, au lieu de se fermer.

 

C’est ça qui transforme une relation. Pas l’absence de conflit.

 

Mais la capacité à ne plus disparaître à l’intérieur de soi quand le conflit apparaît.

 

Un couple commence là où l’on cesse de disparaître

Et même si parfois, rester présent ne sauve pas la relation.

Cela sauve quelque chose de plus important : soi.


 
 
 

Commentaires

Noté 0 étoile sur 5.
Pas encore de note

Ajouter une note
bottom of page